UN PROJET DOUBLE : GEONEST ET HEATNEST

UN PROJET DOUBLE : GEONEST ET HEATNEST


 

Le projet anti-frelon de POLLINIS a déjà donné naissance à deux outils en phase de test sur le terrain : GeoNest pour le signalement des nids et HeatNest pour leur neutralisation.

 


GeoNest

Ce site et sa version application (accessibles sur smartphone, tablette ou ordinateur) constituent le volet « signalement » du projet anti-frelon asiatique de POLLINIS. C’est un outil de géolocalisation des nids au service de tous : particuliers, apiculteurs, désinsectiseurs, responsables publics et scientifiques.

Pour les non-experts, GeoNest permet d’abord de distinguer un nid de frelons asiatiques d’un nid de guêpes ou de frelons européens grâce à quelques informations clés. Il permet ensuite de localiser automatiquement le nid, d’ajouter une photo ou une vidéo et de renseigner quelques informations supplémentaires : support (arbre, mur, etc.), diamètre et hauteur. La personne qui repère le nid peut ensuite prévenir directement via GeoNest les désinsectiseurs locaux partenaires du projet. Ces derniers peuvent alors proposer leurs services. Dans la partie réservée aux « pros », ils sont invités, après chacune de leurs interventions, à renseigner les conditions d’utilisation de l’appareil : situation du nid, conditions de vent, difficultés particulières... et réussite ou non de l’opération. Ces données seront ensuite analysées afin de déterminer les circonstances favorables à l’efficacité de HeatNest.

Les données de localisation de GeoNest sont par ailleurs collectées par le Museum national d’histoire naturelle (MNHN). Cette institution est en charge du suivi de la colonisation du territoire français par le frelon asiatique et doit rapporter régulièrement à l’Union européenne sa progression. Le MNHN a donc choisi de nouer un partenariat avec POLLINIS sur ce projet car GeoNest lui permet de recueillir automatiquement des informations complètes et fiables sur les nids de frelons asiatiques.

GeoNest est aussi un outil de sensibilisation et d’information puisqu’il permet à tous de visualiser sur une carte les nids signalés via l’application.


HeatNest

Grâce au soutien de ses sympathisants, POLLINIS finance depuis 2013 les recherches préliminaires pour ce projet anti-frelon asiatique et développe depuis 2016 une série d'appareils qui diffusent de chaleur à l’intérieur des nids pour les neutraliser.

Cette stratégie s’inspire de celle adoptée par les abeilles asiatiques : l'espèce Apis cerana est confrontée au frelon local depuis bien plus longtemps que sa cousine européenne, et elle a appris à se défendre. Sa technique est aussi simple que fascinante. Elle exploite la différence de température létale entre l’abeille et son ennemi : les abeilles supportent des températures pouvant atteindre 53 °C alors que le frelon succombe dès 45 °C. Les ouvrières asiatiques ont donc pris l’habitude de s’agglutiner en nombre autour de l’assaillant et de battre des ailes pour réchauffer l’air autour de lui jusqu’à cette température fatale de 45 °C. On appelle cela le heat-balling.


POLLINIS a donc emprunté leur technique et décidé de l'appliquer non pas à l’échelle des individus, mais de l’ensemble du nid.

L’approche de POLLINIS est durable à plus d’un titre. Avant tout, elle évite de déverser massivement des produits chimiques partout dans l’environnement, y compris en ville et près des écoles. De nombreux nids traités à la perméthrine sont en effet laissés sur place et constituent de véritables bombes chimiques abandonnées ! Les risques sont multiples, aussi bien pour les autres insectes qui se trouvent dans l’environnement immédiat du nid que pour les animaux qui s’en nourrissent, sans parler des riverains et des professionnels désinsectiseurs qui commencent à s’inquiéter des effets, sur leur santé, des produits qu’ils utilisent… Cette stratégie biomimétique (inspirée de la nature) devrait également mieux échapper aux phénomènes de résistance et d’adaptation des frelons. En effet, des désinsectiseurs commencent à rapporter des cas de frelons imprégnés de poudre de perméthrine qui continuent pourtant à voler et à les attaquer, alors que Vespa velutina n’a pas encore trouvé de parade à la stratégie millénaire du heat-balling.

Les prototypes

POLLINIS expérimente deux types de protoypes : à chaleur sèche et à vapeur. 

Raccordés par une prise électrique, ils diffusent un fluide (air, eau) sous pression, chauffé à plus de 100° C pour porter le nid à une température létale pour les frelons et les larves.




Les appareils se placent au bout d'une canne pour venir perforer le nid par le bas.

Le prototype vapeur pèse moins de 800 g. Il est assez léger pour être utilisé plusieurs fois au bout de perches à plus de 14 m de hauteur.

Avec une charge de 200 mL d’eau, il produit de la vapeur pendant 12 minutes. Une recharge peut être effectuée en cas de besoin : nid très gros, mauvaise application à cause du vent…

Le prototype air pèse moins de 500 g. Il peut être utilisé aussi longtemps que nécessaire.

Les prototypes s'utilisent avec une prise secteur 220 V ou avec un groupe électrogène de puissance minimale de 1 200 W.



L'appareil peut être arrêté depuis le sol ou se couper automatiquement dès qu'il n'y a plus d'eau.

Il faut descendre ensuite l'appareil doucement sur le côté si des frelons accompagnent la descente.

À la fin de l'application, il est conseillé d'inspecter le sol sous le nid : des frelons ou des larves peuvent confirmer que le prototype a bien fonctionné.

Selon les spécialistes du Museum national d'histoire naturelle et de l'Institut national de recherche agronomique (INRA), un nid détruit à plus de 80 % ne s'en remet pas : les individus restants disparaissent au bout d'une dizaine de jours au maximum.

Le résultat complet se constate donc au bout de quelques jours.

Les nids traités de cette façon peuvent être laissés sur place comme réserve de nourriture pour les oiseaux.


Retours d'expériences

Plusieurs tests ont été menés dans differentes conditions : dans les ronces, en hauteur, par vents de 80 km/h, nid primaire, nids partiellement déchirés…

Un test complet dans de bonnes conditions effectué à Nantes en octobre 2019 sur un nid actif (présence nombreuse d'insectes et ponte constatée sur une galette tombée) ne présentait plus aucune activité au bout de quatre jours.